31 octobre 2008

Mills' Story 038 :
White City

 
 

Mills s’est réfugié dans un conduit d’aération pour éviter Total Commander et accessoirement de mourir écrabouillé par un ascenseur. Sauf que nobody fucks Total Commander so easily. L’amoureux transi retrouve l’objet de son désir et l’oblige à sortir de son trou… mais l’ensemble du conduit d’aération cède sous le poids du blogueur. Mills perd connaissance.

038

U n petit rayon de soleil perce à travers les volets et vient délicatement caresser le visage de Mills, emmitouflé dans des draps en soie rouge. La sensation est délicatement douce, suave et harmonieuse. Il se redresse, s’étire, baille…

… et ouvre les yeux.

•••

La pièce dans laquelle il est couché est somptueuse. Et encore, le qualificatif manque cruellement de cachet par rapport à la réalité. Le plafond plafonne au minimum à cinq mètres de hauteur, la moquette immaculée semble aussi souple qu’un nuage, les murs subtilement décorés n’ont rien à envier à un musée et le lit… le lit… le lit ! Au bas mot trois mètres sur deux mètres cinquante et si moelleux que Mills s’est demandé l’espace d’un instant s’il n’était pas en apesanteur.

— Diantre ! Mais que fais-je ici ?

•••

Mills sort de ses couvertures et réalise qu’il est vêtu d’un pyjama Calvin Klein taillé sur mesure. Une seconde peau, encore plus confortable que la première.

Sur la petite table de chevet en bois sculpté ayant certainement appartenu à un « Louis » quelconque est posé un téléphone hi-tech orné d’un symbole reconnaissable et de quelques mots :

Hilton

— Nom d’un petit bonhomme, mais où suis-je ?

Ses pieds nus et pédicurés avec élégance lui permettent d’atteindre l’immense baie vitrée. Un clic plus tard, les volets s’ouvrent silencieusement. Le panorama se dévoilant peu à peu répond à sa dernière question.

Central Park New-York

Il tourne la tête en direction de la porte d’entrée de sa chambre et découvre qu’un journal a été glissé au-dessous. Une bonne quarantaine de pas plus tard il arrive à destination et ramasse le périodique.

NY Times

Proposition de "galèreS" par MillsVoilà qui explique beaucoup de choses. Je réalise désormais la raison de mes maux de jambes…

Après avoir tourné quelques pages sans aucun intérêt il tombe sur un feuillet consacré à l’homme du siècle et intitulé « La Millsmania bat son plein ! »

Madonna

— Quelle friponne cette Madonna

Billet de banque

— Très bonne initiative !

Ecran géant

— J’envie les passants…

Mills Vogue

— Ils auraient pu me prévenir tout de même. Bande de petits canailloux…

Mills voiture

— Vraiment très beau.

Mills Poster

— Celui-là, je ne peux pas le mettre dans ma chambre, hihi.

Mills Robe

— Elle est vraiment très belle… cette robe.

Mills au top

— Ah bon ?! Incroyable…

Mills et Paris

— Finalement elle a bon goût cette fille.

Mills au musée

— Il faut que je visite ce musée…

Mills referme le journal et entre en phase de réflexion intense.

— C’est assez étrange à bien y penser. Non pas que ce soit impossible mais il y a un peu d’exagération tout de même. Pourtant, tout cela me dit quelque chose… Mais oui ! Je me souviens maintenant ! J’en avais déjà parlé sur la MillsOsphère. Ça fait du bien de revenir à la réalité ! Zut alors, quelle nuit déstabilisante bourrée d’ennuis. Tout cela paraissait si vrai…

Mills regarde la quatrième de couverture du Times et découvre une nouvelle photo :

Mills Pirate

— Ce long métrage me donne l’eau à la bouche. Vivement le tournage !

•••

Mills ouvre la première armoire passant sous sa main et découvre une multitude de costumes tous plus réussis les uns que les autres.

— Plutôt pas mal. Je vais poser mon dévolu sur… celui-ci.

Il attrape la merveille, file à l’intérieur de l’immense salle de bains marbrée et en ressort plus classieux que jamais. Même le miroir posé à côté de la porte d’entrée n’en revient pas. Mills jurerait l’avoir entendu dire « Tu as vraiment la classe 4C ! ».

— Je ne cesse de le dire, merci.

•••

La poignée de porte cède sous ses avances. Derrière elle, le couloir est à l’avenant : fabuleux.

Un homme apparaît au bout du couloir. Son visage est immédiatement identifié par Mills vu qu’il s’agit de celui de George Clooney. Rien à faire, le gars transpire la classe quand il lui dit :

Mills ! Quel bonheur de te croiser, ça fait si longtemps que j’attendais ça.

— Arrêtez de me faire rire Mister Clooney, vous être vraiment trop sympathique.

— Je t’arrête tout de suite Mills. Déjà, tu ne me vouvoies pas : t’es comme moi, t’as la classe 4C. On est comme « frère de classe » ! Ensuite, si tu veux faire de moi un homme heureux, Proposition de "galère" par Millstu viens passer les prochaines vacances en Italie dans ma villa. J’annule tous mes rendez-vous et elle ne sera qu’à nous. OK ?

— Alors ça ! Vous… Heu… Tu me prends un peu de court. Tu sais George, j’aimerai beaucoup venir mais je ne sais pas trop comment y aller je…

L’iPhone next generation situé dans la poche intérieur de sa veste sonne.

— Oh, tu m’excuses une petite seconde George ?

— Penses-tu ! Te regarder téléphoner est un réel plaisir Mills !

Rassuré, Mills décroche.

Allo monsieur Mills ?

— C’est lui-même.

J’ai la joie de vous informer que vous venez de Proposition de "galère" par Millsremporter le grand prix de notre grand jeu interactif « Améliorez Windows en mettant en place l’OS parfait » !

— Ah oui !? Super ! Une bonne chose de faite.

Comme vous dites. Tous les ordinateurs ayant téléchargé votre mise à jour de 23 octets ont multipliés leur indice de fiabilité par mille ou un million selon certains cas.

— Je suis content pour eux. Vraiment.

George Clooney tombe dans les bras de son idole et lui fait un câlin :

— Bien joué Mills ! Je lache mon MAC direct !

Notre standard a explosé… de messages de félicitations !

— J’espère que les débris n’ont blessé personne.

Et voilà les trois hommes pliés d’un rire franc suite à cette blague divine.

Et en plus vous êtes drôle ! Décidément… Monsieur Mills, c’est avec le plus grand plaisir que je vous offre le premier prix, grandement mérité : Proposition de "galère" par MillsUne Ferrari !

— Hey ! Je ne me souvenais même plus du lot… Ça tombe bien en tout cas.

George serre la main de l’heureux vainqueur et lui fait un clin d’œil.

— Eh bien, je crois que tout est arrangé Mills ! Alors je te dis à bientôt chez moi !

— Trop cool George !

— 4C POWAAA !

Après un high five tonitruant, George reprend son chemin en sautillant tel un cabri.

Au revoir Monsieur Mills et… au plaisir.

— Merci à vous aussi, le plaisir fut partagé.

•••

Mills observe son idole partir et se dirige vers l’ascenseur pour se rendre à l’accueil.

Diantre ! Mais quel bonheur va me tomber dessus encore ?

 

29 octobre 2008

Bonus 013 :
L'horloge des désastres

Bon ok, pour les fans de la première heure ça s'appelle du recyclage...

 

013


Mais cette très belle horloge animée n'existe pas sur ce blog alors... (dites, vous me pardonnez hein :-) et puis ça colle bien avec le numéro du bonus, non ?)


A partir de maintenant, si vous voulez savoir l'heure il vous suffit de vous connecter à Mills' Story et laisser cette page affichée toute la journée. Elle est pas belle la vie ?

OK, les mauvaises langues diront qu'il est plus simple de regarder sa montre où l'horloge de Windows en bas à droite.

Bande de rabat joie :-)


 

27 octobre 2008

Mills' Story 037 :
58 Secondes pour vivre

 
 

Mills est entré en communion avec le John Mac Clane qui sommeillait en lui et réussit à prendre la fuite par la cage d’ascenseur. Mais Total Commander appuie sur le bouton qui va pas bien et remet le moteur en route. La boite métallique remonte et menace d’écrabouiller le blogueur. Y aura-t-il une « pizza carne » au menu ?

037

L es secondes s'égrènent une à une durant l’inexorable montée du véhicule de la faucheuse.

58, 57, 56, 55…

Mills réfléchit : « Peut-être qu’en poussant très fort avec mes jambes d’un côté et mes bras de l’autre, je réussirais à le freiner… »

48, 47, 46, 45…

La seringue géante continue sa dangereuse ascension.

Le cerveau du blogueur carbure à son maximum : « OK, idée de merde. Quoi d’autre ? Euh… »

38, 37, 36, 35…

La lumière provenant de l’intérieur de la cabine éclaire peu à peu les ténèbres révélant, quelques mètres plus bas, l’entrée d’un conduit de ventilation.

Je vois ce que c'est

28, 27, 26, 25…

La réflexion continue : « OK, j’ai deux choix… Euh en fait j’en ai même trois.

1 : Je saute sur le haut de la cabine et passe par la trappe au risque de finir embroché.

2 : Je saute dans le vide pour attraper ce conduit d’aération et filer à l’intérieur au risque de me louper et de me péter les jambes avant de finir écrabouillé.

3 : Je continue de réfléchir comme un con en espérant que les croyants ont raison. »

18, 17, 16, 15…

Mills conscience

Oh tu sais moi, je dis ça, je dis rien…

— Putain OK, solution n°2, vali… dééééééééééeeee !!!

Mills s’élance dans le vide les bras en avant et réussit à les insérer à l’intérieur du conduit de ventilation. Par contre, le reste de son corps se fracasse lamentablement contre la paroi.

8, 7, 6, 5…

Ses pieds reposent sur le haut de l’ascenseur continuant sa montée. Cette aide « miraculeuse » lui permet de bondir dans le trou métallique et trouver son salut alors que la cage bouche l’entrée du conduit et s’arrête dans un bruit sourd.

Mills rampe pendant quelques mètres avant de sortir son iPhone de sa poche pour utiliser son super pouvoir éclairant.

Mills et son iPhone

Le cœur n’y est pas vraiment mais il continue sa route « limace style ».

— ‘tain mais ça fait mal aux coudes et aux genoux en plus !

Changement de technique : il se retourne et glisse sur le dos en poussant avec ses jambes.

— Ouais, bah en fait, c’est grave nul d’être dans un conduit d’aération.

•••

Un peu plus loin, il remarque une grille laissant passer une lumière salvatrice.

Lumiere salvatrice

— Victoire ! Je vais en avoir des choses à raconter ce soir…

La limace se métamorphose en chenille. Il retrouve des réflexes oubliés depuis des années, voire plus.

— Hey hey ! En fait, ça me rappelle quand je jouais dans la piscine à bulle d’Ikea quand j’étais petit. Hihi… Faudrait que j’y retourne la prochaine fois. Avec ce que je leur laisse chaque mois, ils peuvent bien me faire ça. Niark niark !

Un bruit de porte casse un peu l’ambiance.

Mills se fige et retient sa respiration.

— Peter-Franck ? T’là ?

Les pas de Total Commander résonnent à mesure qu’il s’approche du conduit d’aération.

Gros tunnel sombre

Derrière lui, une partie du conduit se soulève. Quelque chose le pousse pour savoir si quelqu’un se cache à l’intérieur.

Mills retient doublement sa respiration.

— D’vine av’c quoi j’pousse pour « s’voir s’quelqu’un s’cache à l’térieur ».

Derrière Mills, une autre partie du conduit se soulève, plus proche.

Mills ne peut s’empêcher de penser : « Je dois reconnaître que ce type a un certain potentiel. »

L’étau se resserre. La partie suivante se soulevant est juste à côté de lui.

Mills retient triplement sa respiration.

Le conduit se soulève

Les pas se rapprochent. L’odeur ne trompe pas, Total Commander est juste sous lui.

Le métal du conduit se soulève et rencontre une certaine résistance.

— Ah ah !!!! Fini d’jouer m’tenant, j’t’ai tr’vé Peter-Franck !

Mills évacue l’intégralité de l’air contenu à l’intérieur de ses poumons et part le plus rapidement possible…

… mais la grille cède sous son poids !

BLANGG !

L’ensemble du conduit d’aération s’écroule dans un fracas assourdissant.

Mills, groggy, réussit à bafouiller une phrase incompréhensible avant de sombrer dans le néant.

Puuut… tain chai qu’oi chette me mairde enque hore ?

 

24 octobre 2008

Mills' Story 036 :
Piege de beton

 
 

Après avoir complètement foiré sa vanne qui devait tuer, Mills prend ses jambes à ses couilles et fonce se réfugier dans l’ascenseur. Il est sauvé ! Ouais… sauf que deux étages plus bas, l’appareil tombe en panne.

036

M ills appuie, appuie et appuie frénétiquement sur tous les boutons des étages en beuglant :

Vas-y quoi ! Fais pas ta pute, merde !

Mais il n'y a rien à faire, l’ascenseur ne cautionne pas l’emploi d’un tel langage et refuse de céder.

•••

Il essaye d’ouvrir la porte… mais le résultat est tout aussi positif.

Derrière les murs, une voix retentit sourdement.

Peter-Franck ? T’quiète pas, c’juste moi qu’a r’tiré l’fusibles !

Mills est à bout de forces, sa tête vient se poser contre la paroi de sa cage en même temps que ses yeux se ferment.

— J’en ai plein le cul.

Blessé dans son for intérieur, il plaque son dos contre la porte de l’ascenseur et plie ses jambes pour se retrouver accroupi en position fœtale.

— J’en peux plus… C’est fini… J’abandonne… Ma vie d’homme s’arrête là. Cette épreuve est bien trop grande pour moi…

De l’autre côté du mur, la voix de Total Commander résonne à nouveau :

— J’un p’tit ‘blème avec l’fusibles, j’crois qu’j’ai tout p’té… ‘tends tranquill’ment, j’vais b’douiller ‘truc. Pas d’panique s’rtout !

Le blogueur débute un sanglot déclassant celui de Voir la fin coupée !Rambo, John J., lors du final du premier film de la saga.

Mills triste

— Jamais je n’aurais dû me lever ce matin, je le savais… Au fond de moi, je le savais. Il n’y a plus rien à faire. Je dépose les armes.

Mills se rassoit sur le sol, déplie ses jambes, porte la main à sa ceinture et défait la boucle.

— C’est ça que tu veux hein… Eh bien viens !

Il déboutonne sa braguette et…

Un écho résonne à l’intérieur de sa tête :

Hey ! Oh !! Tu vas où là ? C’est quoi cette attitude de loser ?

Mills la reconnaît immédiatement :

— Fous-moi la paix putain de conscience de merde ! Plus je t’écoute et plus je me bouffe de galères !

Oh quel mauvais caractère… Procédons par étape. Quel objet rectangulaire et tactile as-tu dans ta poche ?

— Mon iPhone !

Le cœur de Mills reprend un rythme normal à l’instant où il dégaine son téléphone new génération de sa poche :

— Faut que j’appelle C…… pas de réseau. Putain non ! Y’a pas de réseau ici !!

Pas de réseau

Evidemment qu’il n’y a pas de réseau, ça n’aurait aucun intérêt dramaturgique…

— Putain mais t’es vraiment une salope pour t’amuser comme ça avec moi ! Je vais mourir là !

Non non non… Tu dramatises. Essaye de regarder la vie du bon côté pour une fois.

— C’est pas la vie que je vais me prendre du bon côté…

Ok, je vois ce que c’est. Monsieur fait sa chochotte. Monsieur refuse l’évidence…

— Quelle évidence ? Moi, je n’en vois qu’une là. Et c’est une question de diamètre.

Bon sang Mills ! Pense analogies ! Tu es dans une tour quasi-vide, tu es confronté à un terroriste voulant forcer l’entrée de ton coffre fort, tu es seul, tu te sens abandonné… Alors ?

— Alors quoi ?

Tu peux vivre un de tes fantasmes et devenir le nouveau John Mac Clane ! Tu peux marcher sur ses pas ! Tu peux… passer par la trappe au-dessus de ta tête et grimper par la cage d’ascenseur !

Mills lève les yeux au plafond et effectivement, ce vieil ascenseur dispose bien de cette fameuse trappe.

— T’es complètement dingue !??

Pourquoi ? T’as toujours surkiffé ce passage ! C’est limite un rêve de gosse qui peut se réaliser ! Saisis-le !

— C’est pas parce que j’adore Piège de Cristal que j’ai envie de me retrouver dans la même merde que lui !

Piège de béton

Ok, fais ta mauvaise tête.

— On n’est pas dans un film là !

C’est vrai… Laisse-moi juste te présenter les choses avec une autre perspective…

Derrière les murs, une voix sourde se fait entendre :

— C’bon Peter-Franck ! J’trouvé l’truc qu’va bien ! Dans deux m’nutes on pourra s’la d’tendre !

Alors ? Tu décides quoi ?

Mills se redresse et observe la trappe. Il serre les poings puis reboutonne son pantalon et boucle sa ceinture :

— OK, allons-y !

Ah ! Ça c’est mon Mills !

•••

Il saute au plafond et balance un coup de poing dans la trappe qui s’ouvre instantanément. Ses yeux se perdent dans l’obscurité à l’instant où un souffle moite et vicié lui arrive au visage.

— Oh putain… Les odeurs, c’était mieux devant ma télé…

Négativisme de base…

— « Ferme ta gueule » de base ! ‘tain...

•••

Flexion, extension : il se retrouve pendu au plafond par les mains et pédale dans le vide en espérant que l’air devienne soudainement solide.

— Mais comment y font à la télé ?

Traction : ses biceps se gorgent de sang et entrainent sa tête à l’intérieur du trou. D’un geste vif il passe son coude droit sur le toit de l’appareil, rapidement suivi du gauche.

— C’est crado putain… Mais personne fait le ménage ici ?

Il pousse sur ses bras, se redresse et réussit tant bien que mal à plaquer son ventre à la périphérie de l’ouverture. Comme une chenille mal assurée, il fait glisser le reste de son corps sur le mélange de graisse et de poussière.

Génial l'idée de merde !

— A part achever mes fringues, me luxer les épaules et me donner envie de gerber, je vois pas trop ce que j’ai gagné…

Cette mauvaise foi évidente ne change rien au fait qu’il est désormais debout au sommet de l’ascenseur.

— Et maintenant, je fais quoi ?

— Bon allez, parle, c’est bon…

Tu grimpes.

— J’en étais sûr.

Permets-moi d’en douter.

— Tu sais quoi ? Finalement, on va en rester au plan A : « Ferme ta gueule ».

Silence intérieur, silence extérieur.

Mills tâte les murs un par un.

Rien.

Que dalle.

Nada.

L’ascenseur vibre, Total Commander a enfin réussi son coup.

Mills tâte le quatrième et dernier mur et découvre qu’une échelle métallique y est incrustée.

— Pourquoi a-t-il fallu que ce soit le dernier mur ?

•••

Sa main droite s’accroche à un barreau au moment où la cabine reprend sa descente. Ses pieds frappent les parois avec frénésie le temps de trouver un appui et que sa main gauche vienne aider sa copine.

L’ascenseur stoppe sa course trois mètres plus bas.

Il n’y a plus une seconde à perdre et Mills le sait. Il regroupe toutes ses forces pour grimper le plus rapidement possible à l’échelle.

Grimpe Mills, grimpe
BAAMMMM !

Une dizaine de mètres plus haut, son crâne percute une masse solide.

— A.Ï.E. !

Mills dégaine son iPhone et s’en sert comme lampe de poche new age pour découvrir la fin de la route : le cache du moteur de l’ascenseur.

— Et je suis censé aller où maintenant ?

•••

Des pas résonnent au niveau de la cage d’ascenseur.

Ses portes s’ouvrent.

Depuis la trappe, une silhouette est perceptible.

Peter-Franck ? Bah t’où ?

Ni une, ni deux, Mills coupe son iPhone mais enclenche la lecture d’un MP3, lui servant accessoirement de sonnerie.

— Putain de next generation de merde…

Total Commander lève les yeux en direction de la musique, découvre la trappe ouverte et comprend :

— Ah, t’là haut p’tit c’quin. Bouge pas, j’rive !

•••

La pression sur le bouton du dernier étage provoque la fermeture des portes. Le moteur se met en marche. Les câbles tremblent à quelques centimètres du visage du malheureux Mills. Il prend conscience d’une donnée importante : cet ascenseur date d’une époque révolue où la distance de sécurité n’existait pas. Il va bientôt faire un régime aussi rapide qu’efficace.

Putain, c’est quoi cette merde encore ?

 

22 octobre 2008

Bonus 012 :
Mr. and Mrs. Mills

Qu'est-ce qui peut être pire qu'un Mills ?


Deux Mills


PS : Pensez à retourner voir les épisodes EP 3434 et EP 3535… Ils disposent désormais de nouvelles illustrations remontant leur niveau. :-)

 

012

Mr and Mrs Mills
Cliquez pour agrandir
 

20 octobre 2008

Mills' Story 035 :
The killing joke

 
 

Mills a réussi à contrecarrer les plans machiasodomiques de Total Commander en l’envoyant valser au pays des écureuils enragés et prend la fuite dans le couloir de l’immeuble. Mais juste avant d’entrer à l’intérieur de l’ascenseur salvateur, il réalise avoir oublié quelque chose de très important.

035

M ills entame sa nouvelle traversée du couloir. Il saute gracieusement par-dessus un premier écureuil fugitif...

Saut

... et atterrit lourdement sur un second qui, finalement, s’évade de la vie sur Terre dans une gerbe de boyaux expulsés par la bouche.

Mais rien n’arrête un Mills déterminé, pas même le décès prématuré d’un rongeur enragé. Deux « hop » plus tard, le blogueur de l’extrême déboule fièrement sur le seuil de la porte, bombe son torse et tend son index droit en direction de l’oppresseur vaincu : Total Commander

— Ah ah !! Tu croyais que j’allais partir sans balancer une bonne vanne comme dans tout bon film d’action qui se respecte ? Eh bien tu fais erreur ! Alors…

Pas d'idée

Silence gêné.

Manque d’inspiration.

•••

A l’intérieur de la pièce, homme et écureuils le regardent avec un air ahuri.

— Attendez attendez, ça va venir…

Ses pensées se bousculent entre ses oreilles : « Quel film ?Yipikaï pauvre con ? Non… Je ne peux pas. Quel film ?Crache ta vapeur sale pourriture ? ’tain non !! Quel film ?Alors ? Alors ça te va ? Hein ? Vieille fiotte de mes deux couilles ! Hey ! Tu crois que tu vas me baiser ? Faudrait toute une armée pour m'enculer ? Pas mal mais un peu trop long. Quel film ?Hasta la vista, baby ? Nooonn… Quel film ?T’as pas une gueule de porte bonheur ? Naaaannn… Quel film ?Je t'ai eu... fils de pute ? Ça le fait pas ! Quel film ?Considère ça comme un divorce ? Bof… Quel film ?Monumentale erreur ? Impossible. Quel film ?Mission... Accomplie ? C’est nul !... Putain faut se lancer, faut se lancer !  »

Se faire Millser

Solitude.

La vanne misérable trouve son chemin vers le cimetière des actes manqués. Pourtant, Mills y croit encore et se rattrape aux branches :

— Euh… parce qu’il est trop fort… euh… et parce que t’es une espèce de mauvais !

Les écureuils regardent Total Commander droit dans les yeux pour y trouver un semblant d’explication humaine mais n’obtiennent qu’un vague haussement d’épaules.

•••

— Attendez attendez, laissez-moi une seconde chance ! On efface tout et on recommence, je tiens un truc là !

Mills gonfle ses pectoraux, durcit ses abdos, braque ses deux index sur sa cible et prononce :

LOL

— Mais euh… Quoi encore ?

Ecureuil

Les écureuils laissent Total Commander tranquille.

L’un d’eux retourne dans sa cage et se cache sous sa paille souillée.

Un autre saute la gorge la première sur un morceau de verre cassé.

Un troisième file sur le balcon, bondit sur la rambarde et saute du 9ème étage.

•••

— Non non non ! Attendez, j’ai mieux ! Attendez !

Total Commander s’époussette.

— Point virgule, tiret, parenthèse, loser !!

Aucune réaction, si ce n’est un mélange de mépris, d’incompréhension et de pitié.

— Putain merde quoi ! C’est un smiley !! « ;-) »

Total Commander regarde Mills avec les yeux de l’amour et commence à se relever

— J’savais qu’tu r’viendrais Peter-Franck ! F’sons l’mour ici, comme dans t’chef d’œuvre…

— NOOOOOONNNN !!!

•••

Mills reprend la fuite dans le couloir, manque de glisser sur les boyaux encore chauds de l’écureuil et tape un sprint en direction de l’ascenseur. Chemin faisant, il jette un œil derrière lui et découvre un Total Commander à nouveau bien tendu là où il faut à sa poursuite.

— J’te s’vais pas ‘ssi c’quin Peter-Franck !

Coquin ou pas, Mills se réfugie à l’intérieur de l’ascenseur.

— J’sais qu’c’est c’que t’aime Peter-Franck ! Tu m’l’as confié à tr’vers t’chef-d’oeuvre : « Pr’-moi l’fesses d’l’as’seur ! »

Prends-moi les fesses dans l'ascenseur

Après avoir refermé la porte derrière lui, il appuie sur le bouton qui va bien.

Total Commander se plaque contre la porte et tente désespérément de l’ouvrir.

— Fais-moi l’fesses Peter-Franck ! Allez, s’te plait ! Ou ‘lors laisse-moi t’faire l’tiennes, just’une fois, allez…

— Putain mais va te faire enculer !

— Oh oui !! Com’ d’ton chef’d’…

•••

Mais il n’entendra pas la fin de phrase…

L’enfer (ou le paradis, allez savoir) est désormais derrière-lui. La cage d’ascenseur entame sa descente à vive allure et jamais Total Commander ne pourra arriver en bas avant lui. Même avec toute la détermination du monde, c’est physiquement impossible.

Il est sauvé !

Plus rien ne peut lui arriver…

… sauf peut-être Proposition de galère par Indyune panne d’ascenseur.

La cabine s’arrête entre deux étages.

Putain, c'est quoi cette merde encore ?
 

17 octobre 2008

Mills' Story 034 :
L’esquive

 
 

L’appartement situé juste au-dessous du sympathique mais un peu collant Total Commander est étrangement rempli d’écureuils enfermés dans des cages et autres bidules directement pompés à l’Aliens de James Cameron. Mills préfère se faire la malle plutôt qu’élucider mais quelqu’un, ou quelque chose, ouvre la porte d’entrée.

034

M ills colle son dos contre le mur séparant la pièce du palier pour être automatiquement caché lors de son ouverture. Il l’a déjà vu dans des films et ça marche trop top super bien. D’ailleurs, il se félicite d’avoir eu cette idée.

J'ai trop la classe 4C

Mais pendant ce temps, la poignée tourne toute seule.

La porte s’ouvre lentement, et une voix s’engouffre dans la pièce.

— V’gueul l’cureuils ! S’vous v’calmez pas dans l’cinq s’condes, p’pa va v’nir v’faire vos p’qûres là où ç’fait mal !

Mills sait parfaitement Retour à l’épisode en questionà qui appartient ce timbre particulier. Au plus profond de ses tripes, il sent que ça pue grave la merde !

Danger

Le fait est que, deux secondes plus tard, l’endroit est aussi paisible qu’un cimetière en plein milieu de la nuit (quand aucun connard de nazi ne vient y rouler des mécaniques). Y’a pas à dire, le dressage à l’ancienne, ça a du bon.

•••

Pe ! Ter !! Franck !!! J’sais qu’tes là Peter-Franck. N’pas peur mon m’gnon.

Les jambes du malheureux blogueur tremblent comme des feuilles. A croire qu’elles doutent Totalement de la bonne foi du Commander.

L’ombre progresse à l’intérieur de l’appartement. Bientôt, une des extrémités de la silhouette de Total Commander entre dans le champ de vision de Mills. De toute évidence, son poursuivant n’a toujours pas remis de pantalon et conserve une forme ma foi fort honorable au vu des circonstances.

— T’sais Peter-Franck, j’eu b’coup de mal à r’tirer c’t’clé tou’seul… Mais f’nalement, j’garde un souv’nir très ‘gréable. M’rci mon p’tit cul.

•••

C’en est trop ! Jamais John McClane ne laisserait passer un sobriquet aussi réducteur ! Mills serre les poings et se conditionne mentalement : « Action time baby ! »

Et…

Vlan!

Il balance un violent coup de pied de bâtard dans la porte…

…qui percute le malheureux amoureux avec une évidente lâcheté.

L’homme perd l’équilibre, se retrouve le nez contre le mur le plus proche et crie d’une voie imbibée de tristesse :

— Aïe-euh !!!

•••

Mais Mills continue de faire censure insideson chacal. Il s’approche en une fraction de seconde du pauvre homme blessé, sonné, déboussolé, désorienté, désemparé et même un peu décontenancé, l’attrape par les cheveux et l’envoie valdinguer au pays des écureuils laboratoirisés.

T'peux pas m'faire ça !

Il semblerait pourtant que si. Les quelques écureuils libérés se ruent sur leur maître avec avidité au moment où Mills s’enfuit dans le couloir de l’immeuble désaffecté.

•••

Au fond de celui-ci se trouve son salut : l’ascenseur.

L'ascenseur

Bientôt, il entrera dans cette cage drôlement utile quand on ne veut pas se taper tout l’escalier à pied et appuiera sur le bouton « rez-de-chaussée » qui le fera quitter cet enfer.

Le voici donc gambadant joyeusement vers la délivrance quand une pensée traverse son esprit.

Mills dérape sur le sol sur quelques mètres et enclenche son mode « réflexion » : « Tu ne peux pas partir comme ça Mills ! C’est pas 4C du tout ! Il manque quelque chose… Quelque chose de super important ! »

— Oui, j’ai raison Mills ! Je fais bien de me le dire et j’y vais de ce pas en ma compagnie ! Merci moi-même, que serais-je sans moi ?

•••

Et le voilà faisant demi-tour, poussé par une force si mystérieuse que le lecteur est censé se demander :

Putain, c'est quoi cette merde encore ?
 

15 octobre 2008

Bonus 011 :
Millsatouille

Un très bon détournement de CAT4 !


A voir en plein écran…

 

011

Millsatouille
Cliquez pour agrandir
 

13 octobre 2008

Mills' Story 033 :
Aliens, le retour

 
 

Mills a préféré risquer sa peau en descendant depuis le 10eme étage d’un immeuble directement par le balcon plutôt qu’avoir à affronter la trique d’un Total Commander surexcité. Malheureusement, l’appart du dessous lui réserve d’obscures surprises.

033

L ’intérieur de l’appartement situé juste au-dessous de celui de Total Commander, Retour à l’épisode en questiongrand cinéphile devant l’éternel, est aussi sombre qu’un rectum un soir de cassoulet.

Les sens du blogueur s’emmêlent.

L’odorat est perturbé par quelques effluves n’ayant rien à envier à celles d’une porcherie laissée à l’abandon après le décès accidentel des fermiers suite à une mauvaise chute dans le Apprend des mots avec Mills’ Storylisier. Cette fragrance délicate s’immisce à l’intérieur de narines de Mills et son cerveau prend la décision suivante pour éviter de charger l’endroit de bile : zapper vers le sens suivant.

L’ambiance sonore prend alors le relais en percevant un concert de couinements et autres grattements métalliques.

Le cerveau de Mills baisse le volume immédiatement pour éviter une panique dangereuse pour l’intégrité du caleçon de son possesseur et zappe sur le sens suivant.

Mills déambule comme un somnambule. Ses mains scrutent désespérément le vide avec l’intention de trouver quelque chose à toucher. Le vœu est vite exaucé puisqu’un grillage métallique entre en contact avec sa peau. Il tâte l’objet et en déduit rapidement qu’il s’agit d’une sorte de cage à oiseaux passablement rouillée. Ses doigts glissent sur la grille et découvrent une petite trappe amovible fermée par un système de ressorts. Sa main s’engouffre à l’intérieur et plonge à l’intérieur d’une matière organique visqueuse, poisseuse, semi liquide avec un semblant de paille recouvert de petites boules friables et surtout un gros truc tout poilu encore chaud.

Son cerveau ordonne à sa main de quitter les lieux sur le champ et rayer cette rencontre de sa mémoire pour zapper vers le sens suivant : le goût.

Mills approche sa main de sa bouche et sort sa langue pour se préparer à la lécher comme une bonne grosse glace au chocolat avant que son sixième sens n’intervienne : « Oh ! T’es con ou quoi ??? T’as pas pigé que ça craignait grave là !?? Tu veux revivre Retour à l’épisode en questionton aventure matinale ou quoi ? »

Malheureusement pour vous, bande de lecteurs pervers, Mills ne lèchera pas sa main.

•••

Par contre, le maître de la Le blog de MillsMillsOsphère se révèle en partie Apprend des mots avec Mills’ Storynyctalope. Ses yeux s’adaptent peu à peu à l’obscurité. Il approche son visage de la cage et perçoit une sorte de boule de poils couchée laborieusement dans sa merde.

— Euh… Y’a quelqu’un ?

La boule de poils semble remuer.

— Putain, c’est quoi…

La boule de poils s’agite.

— … cette merde…

La boule de poils se redresse d’un bond et bondit contre la grille en grognant.

Ecureuil enragé

Pris de peur, Mills s’expulse en arrière, s’accroche aux rideaux en plastique et les fait tomber sous son poids.

•••

La lumière s’engouffre à l’intérieur de la pièce comme le ferait Total Commander et sa grosse b…euh… comme l’océan dans les coursives du Titanic. Ses cinq sens se réactivent en même temps et c’est ce moment précis qu’a choisi la réalité pour lui revenir en pleine gueule :

L’appartement est complètement ruiné et infesté de cages à oiseaux métalliques et passablement rouillées mais aussi de gros tubes remplis d’un étrange liquide légèrement opaque.

Ecureuils Aliens

A l’intérieur, des dizaines d’écureuils tous plus mal en points les uns que les autres.

Certains sont morts, enfin, mériteraient sincèrement de l’être, surtout ceux plongés dans le liquide et intubés par tous les orifices.

D’autres semblent actifs.

D’autres encore sont totalement surexcités !

•••

Mills se relève en cherchant quelque chose d’intelligent à dire…

— Couchés les minous !

… mais échoue lamentablement.

•••

Les cages bougent dans tous les sens sous les assauts répétés des animaux emprisonnés. Pour certaines, la chute est proche.

mills decouvre labo

— Cassos !!!!

•••

Emporté par un élan digne d’une finale du 100m aux JO, Mills traverse l’appartement, arrive devant la porte d’entrée en un temps record et l’ouvre. L’ouvre. L’ouvre… Après réflexion, il « essaye de l’ouvrir » mais le résultat n’est guère plus satisfaisant.

Dans son dos, les bestioles passent au stade supérieur d’excitation : la furie.

— Mais qu’est-ce qui se passe ici ????

•••

Soudain, une clé pénètre dans la serrure de l’autre côté de la porte d’entrée. Un premier tour est rapidement suivi d’un second.

clef dans serrure
 

10 octobre 2008

Mills' Story 032 :
Cliff-Hanger

 
 

Guidé par l’esprit starifié de Saint George Clooney, Mills réussit à se réfugier sur le balcon de « Total Commander » pour sauver ses fesses d’une intrusion certaine. Mais son perchoir est situé à dix étages au-dessus du vilain bitume non molletonné.

032

A pparemment, le vent souffle sur les immeubles du sud parisien.

Etrangement, quelques secondes plus tôt, aucun blizzard n’était perceptible.

Objectivement, la seule tempête effective se trouve entre les oreilles de Mills.

•••

Son imagination lui joue des tours alors qu’il enjambe la rambarde métallique pour échapper aux avances du très en jambes « Total Commander ». A 25 mètres de haut, le moindre faux pas est fatal pour qui préfère éviter de transformer son squelette en puzzle.

Ça tombe bien, c’est exactement le cas du malchanceux héros bloggeur et ses pensées ne font que le rappeler au moment où il décide de réouvrir ses yeux : « Putain de bordel de merde ! C’est grave haut là. Qu’est-ce que je branle ici sans déconner ? Dites, ça vous arrive de lire le previously ??Ah oui, je viens de me souvenir… Mais là, vaudrait mieux que je me décale un peu sur la gauche parce que si je tombe, je vais terminer enculé sur ce panneau de signalisation ! Je ne mérite vraiment pas une telle mort si ironiquement humiliante… »

Hop hop hop…

Il migre de quelques centimètres. En cas de coup dur, sa mort sera violente mais pas humiliante. C'est toujours ça de gagné.

•••

Derrière le quadruple vitrage de la porte-fenêtre, Total Commander hallucine :

Qu’ce qu’tu fais Peter-Franck ? C’dang’reux là ! R’viens ! R’viens voir p’pa !

— Papa, papa, je t’en foutrais des papas moi ! Les mœurs de ta famille sont sérieusement à revoir !... Allez Mills… Allez… C’est rien, tu peux y arriver. Un petit étage c’est rien. Allez…

La jambe tremblante quitte le béton du balcon pour brasser l’air pendant qu’il s’accroupit et laisse glisser ses mains contre les barreaux.

— Pense Fort Boyard, Mills ! Y’a des caméras, tout va bien… tout va bien… tout va…

C’est alors qu’il jette un nouveau coup d’œil à Total Commander et ce qu’il découvre ne facilite pas son transit intestinal. De l’autre côté de la vitre bloquée, l’homme réalise son erreur : Par sa faute, il est coincé dans son propre appartement ! La porte d’entrée est fermée et la clé se trouve… se trouve… Retour à l’épisode en questionvous voyez quoi (où) !

Pris par l’énergie du désespoir, le malheureux entreprend une auto-extraction manuelle. Il s’allonge sur la table et positionne sa main pour…

Mills met fin à ce spectacle profondément déplaisant à ses chastes yeux. Il préfère les baisser, secouer sa tête et reprendre ses esprits :

Fort Boyard mon cul ! Cet enculé de Père Fouras t’attend pour te fourrer oui ! Fuis, vite ! Si la clepsydre se vide c’est toi qui vas te faire remplir !

Je vais te fourrer Mills

Arrivé au taquet, il dégage l’autre jambe et reste pendu par les bras à pédaler dans le vide pour trouver un truc sur lequel s’appuyer.

— Pense Le choix de Mills (et Cooljack)Koh Lanta plutôt ! Toutes les bitches sur la plage seront à ton slip si tu réussis cette épreuve ! C’est audimatique !

Le cochon pendu se balance d’avant en arrière sans trouver de prise.

— Mais elle est où cette putain de rambarde bordel ??

TING !

Son pied droit a touché un premier élément de réponse ! Bientôt, le pied gauche joue les copieurs.

— Voilà, voilà ! Maintenant, y’a plus qu’a…

Mais ses mains refusent de croire les pieds et gardent leur prise bien fermement.

— Oh !! C’est qui le chef de ce corps, hein ?? Je vous ordonne de vous ouvrir !

Le maître a parlé, les exécutants s’exécutent… et Mills se retrouve en équilibre sur la rambarde de l’étage inférieur !

Il se penche en avant, puis en arrière, puis en avant, puis un peu en arrière…

Le choix de Mills bisPiège de cristal est mon film préféré, merde ! En toute franchise, je suis le plus grand fan mondial de la franchise ! J’ai même adoré le IV, c’est pour dire ! Je ne peux pas tomber !! Saint John McClane, viens moi en aide !!!!

Die Hard

Les bras de Mills battent l’air frénétiquement comme un moineau attendant désespérément sa prochaine becquée de ver de terre. Le spectacle est pitoyable mais efficace puisqu’il dérape et tombe… du bon côté de la barrière.

« Bon sang » se dit l’auteur de ces lignes « j’aurais pu en finir avec cette putain de série à la con et je viens de rater ma chance ! Va falloir que je me ridiculise quelques épisodes de plus… Heureusement, les mises en abyme amusent certains lecteurs… Espérons que ce soit encore le cas pour cet épisode diablement moyen… »

BAAMMMM !

La carcasse de Mills s’écroule contre le béton du balcon et s’écrie phonétiquement :

— Ah… Yeux !

Ses os craquent lorsqu’il fait l’effort de se relever. Une vague philosophique s’empare de lui : « Putain, j’aurais mieux fais de rester couché et m’en taper une bonne plutôt que de jouer les cacous à vouloir arriver en avance au taf ce matin ! Pourvu que cette porte-fenêtre soit… »

Mais ses yeux obtiennent la réponse avant même d’avoir fini de terminer de penser à la question : cet appartement ne dispose d’aucune porte fenêtre. A la place pendouillent d’épais rideaux opaques en plastique rouges fixés à l’arrache au plafond. L’ambiance est étrange, comme s’il se retrouvait devant un abattoir.

Abattoir

— Je la sens moyen celle-là… J’ai l’impression que je ne vais pas aimer ce que je vais découvrir derrière ce machin… Ça fait déjà trop longtemps que je n’ai pas vécu de galère, c’est pas normal…

Mills s’approche à pas de loup.

— J’ai l’impression…

D’un geste tremblotant, il écarte les rideaux.

— … que je vais dire…

Et passe la tête pour regarder à l’intérieur.

Putain, c’est quoi cette merde encore ?

 
 

Mills' Story © 2008 | Textes : O'Brian | Code, Son et Design : Cooljack | Illustrations : Cooljack, CAT4