3 octobre 2008

Mills' Story 030 :
Meprise

 
 

Mills a trouvé une main secourable en la personne d’un chasseur d’écureuils enragés habitant dans un appartement décoré avec un certain goût mais déchante au moment où ce dernier lui révèle son vrai visage… enfin… façon de parler.

030

M ills découvre que le dénommé « Total Commander » vient de dégainer son meilleur calibre : un seul coup mais deux barillets copieusement poilus.

— J’pense q’maint’nant… ‘peut s’tutoyer, non ?

L’information visuelle met un certain temps à traverser tout le corps du prof de français poissard mais une fois arrivée au cerveau, elle déclenche un mécanisme en deux phases :

1 - Action.

Dans un réflexe défensif, Mills lui envoie un coup de pied désinhibé en aller simple dans les valseuses.

2 - Réaction.

Le chasseur d’écureuils s’écroule à genoux sur le sol en se tenant l’entrejambe tout en gémissant d’une voix aigue :

— Hummmm… Mé… mais… Pour’… quoi… t’fé… fait ça… ?

— Non mais vous vous foutez de ma gueule ? Qu’est-ce que fait votre bite sous mon nez ?

— Mais… T’pas… ar’té d’m’voyé… d’signes !

— Des signes ??

affiche de signes
affiche de signes

Le Total Commander se relève en se massant l’appendice.

— Arr’te… T’sais p’r’f’t’ment d’quoi j’parle… L’clin d’œil, l’phrases, l’sourires, t’ça quoi ! T’souviens pas ?

•••

« Flash-back attitude » sous le scalp de Mills : « De quoi peut bien parler ce type ? Qu’est-ce que j’ai bien pu dire ou faire qui puisse laisser penser une seule seconde que… queue… que… »

Retour vers l’épisode en questionRéminiscences…

— Wowowow ! Non non non non ! Y’a un gros malentendu là !

— Non. Y’a just’ un gro’ mâle tendu… Là !

Effectivement, c’est à pleine main qu’il présente sa batte de baseball sur la première base, le coup de pied bien placé n’ayant visiblement pas trop ébranlé son enthousiasme.

•••

Mills s’écarte de quelques pas en criant :

— Restez à votre place avec votre machin ! Y’a pas moyen que je me fasse Proposition de galère par Indyfragger par un lascar !!

— M’quoi ???

— Je crois que vous m’avez parfaitement compris ! Non mais pour qui me prenez-vous ?

— P’r qui j’te………

D’un geste précis de la main il demande à Mills de rester à sa place et se traîne jusqu’à une lourde armoire normande n’ayant certainement jamais vu la Normandie.

Mills panique de plus belle :

— Wowowoo ! Qu’est-ce que tu vas me sortir ? Un flingue d’enculé ?

Mais l’ouverture de la porte révèle un secret d’un genre singulièrement différent bien que métaphoriquement lié : une quantité impressionnante de DVD pornographiques à orientation gay.

•••

Bien qu’affaibli après avoir pris son pied (enfin, celui de Mills), l’homme extrait de son coffre aux trésors une série de films comportant tous un point commun.

— J’sais qui t’es beau-gosse. T’es Peter-Franck Cannelloni, l’plus belle nouille d’tout l’métier !

Mills observe les jaquettes une nouvelle fois et ne trouve qu’une seule chose à dire :

— Putain, c’est quoi…

Mais le Total Commander termine pour lui :

… cet’érection encore ! T’phrase cul’te Peter-Franck. T’la sors ‘chaqu’fois qu’nouveau type t’sort l’sienne.

— Whhooooo non ! Attendez une petite seconde ! Vous faites erreur. Je ne suis pas cet homo… heu, cet homme !

— ‘rrête…

— Je vous assure ! Je m’appelle Mills et je suis prof, pas…

Mills accompagne son absence de mots avec des gestes explicites.

— Bon’sang c’qu’t’es mignon qu’tu fais cet’tête. ‘xactement com’dans « Met-la moi pr’fonde. Non, j’dit PR’FONDE ! »

— Attendez une petite seconde…

Mills fouille dans sa poche avant… arrière… latérale… intérieure…

— Putain il est où ?

— T’cherches quoi Peter-Franck ?

— Mon portefeuille, merde… Il est où ? Il est…

Dans son esprit, un neurone plus vif que les autres sort de sa léthargie et appuie sur le bon bouton, celui nommé Retour vers l’épisode en questionFlash-Back !

•••

— Putain NON !... Je l’ai passé à l’autre tordu de Xilefroc !..

— L’Prof’sseur ?

— Me dites pas que vous le connaissez…

— Non. J’connais pas pers’nellement. M’toi…

Il attrape un nouveau DVD et le glisse sous les yeux de Mills.

— … OUI !

Le meilleur ami de l'homme

— Pfff, t’trop choux… T’essayé d’m’r’faire l’coup de t’chef d’œuvre « T’sais pas qui j’suis mais t’sais combien j’mesure ». Quel coq’uin…

•••

Mills serre les dents et part en courant dans l’appartement en direction de la sortie mais Total Commander connaît bien mieux sa demeure que lui. Il passe furtivement par la cuisine, déboule devant sa porte d’entrée et la ferme à clé au nez et à la barbe du pauvre bloggeur.

— T’vas qu’même pas m’laisser dans c’tétat Peter-Franck ?

— Donnez-moi la clé.

— T’la veux ?

— Oui, je veux partir d’ici !

— T’la veux vr’ment ?

— OUI !

— Alors…

L’homme positionne son postérieur en direction du visage de Mills

… se penche en avant…

… écarte ses fesses…

… et s’enfourne la clé « right in the Traduction pour les non anglophonesass » !

— … viens l’chercher.

•••

Mills ravale la bile venant de remonter jusqu’à sa gorge et laisse échapper :

Putain, c’est quoi cette merde encore ?

 
 

Mills' Story © 2008 | Textes : O'Brian | Code, Son et Design : Cooljack | Illustrations : Cooljack, CAT4